mardi 25 avril 2017

Et si l'on repensait l'école?

L’événement
Lorsqu’on parle de changement et d’innovation en éducation, certains ont tendance à vouloir panser l’école plutôt que la penser : mettre un pansement sur le bobo, ne pas prendre de risques, conserver les acquis. Du 31 mars au 2 avril dernier se tenait à Montréal un hackathon organisé par Credo, dont la mission est de mettre en œuvre des projets qui contribuent à un monde meilleur (rien de moins!). Là-bas se rencontraient différents acteurs de la communauté qui, le temps d’un weekend, se plairaient à repenser l’école en formant des équipes au hasard des routes qui se croisent. Leur objectif? S’allier pour relever l’un des 4 défis proposés : un suivi cohérent et positif du progrès de l’élève, l’évaluation entre les mains des enseignants, un environnement bâti propice à l’apprentissage ou un menu étudié pour le mieux-être de l’élève. On allait donc vouloir la guérir et la sortir de sa torpeur, cette école que l’on aime tant.

Collaboration et communauté
Ce qui nous a d’abord frappées là-bas, c’est cet esprit de communauté, de collaboration entre des acteurs de différents domaines, cette ouverture et la conviction que l’on ressentait qu’en travaillant ensemble, rien n’est impossible. Des mentors ont donné généreusement de leur temps pour répondre aux questions des gens, s’intéresser aux projets des équipes, donner de bons conseils ou un moment privilégié à ceux qui avaient besoin de soutien. On sentait une énergie toute particulière envahir les lieux.

Environnement créatif
Il y avait aussi les environnements créatifs, des lieux stimulants où l’espace disponible laissait place à toutes les idées. Que ce soit à La Gare, dans les bureaux de ChallengeU ou dans ceux de Credo, nous nous sommes sentis libres de créer et d’innover. Tout naturellement nous nous déplacions dans l’espace au fil du développement de nos idées, s’imaginant mal rester de marbre alors que dans notre tête, c’était la frénésie. Partout autour de nous de grandes fenêtres ouvraient sur de nouveaux horizons et rappelaient @MarioAsselin lorsqu’il dit que le passage d’une «société de la connaissance» à une «société de connaissants» se fera au moment où les écoles cesseront d’ériger des murs et donneront la place aux fenêtres. Les pédagogues et parents d’entre nous ne pouvaient s’empêcher d’imaginer les jeunes dans un tel environnement, d’oser repousser les limites que nous leur imposons trop souvent, pour voir émerger leurs talents et leurs passions.

Relever le défi
Chacun des défis proposés venait avec une liste de critères à respecter et il nous faudrait faire un «pitch» le dimanche matin, devant jury. Les équipes ont eu à faire preuve de flexibilité pour apprendre à travailler ensemble, de créativité pour trouver une idée à faire émerger et de coopération pour construire autour des forces de chacun. Il y avait là tout un contexte stimulant l’engagement et l’effort auquel s’ajoutait le facteur du temps, le petit plus qui nous amenait à vouloir nous dépasser.

Continuum
Le vendredi 31 mars, à 20h40, le hasard a placé ensemble dix personnes qui se sont inscrites sous le nom de «portfolio numérique», au défi 1 (celui du suivi à l’élève). Vingt minutes plus tard, après avoir à peine fait connaissance, nous partions chacun de notre côté avec un peu d’appréhension et quelques incertitudes. Ce premier contact avait été correct, mais trop court pour créer le moindre lien de confiance. L’équipe aurait pu imploser, comme ce fût le cas pour certaines.

Pourtant, les nombreuses heures passées ensemble le lendemain ont été un exemple quasi parfait de la puissance de la coopération. Si nous avions tous une petite idée de comment relever le défi, nul ne serait arrivé seul à imaginer Continuum tel qu’il a été présenté. Chacun a su mettre ses idées de l’avant et adhérer à celles des autres en discutant de façon intelligente et en mettant l’élève au centre de tout. Nous étions tous conscients de nos forces et les avons mises en action au bon moment. Nous sommes plus que fiers du résultat de ce travail d’équipe et avions assez confiance de pouvoir remporter le défi… ce qui advint quelques heures plus tard sans quoi nous en sortions déjà tous gagnants, d’une façon ou d’une autre.

Repenser l’école, on le faisait déjà hier, on le fera encore demain et on se considère privilégiées de l’avoir fait aussi dans ce contexte tout particulier.



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